lundi 12 octobre 2015

Voyage à Verdun.

Chers amis,



Mille mercis encore pour votre présence lors de cette belle journée verdunoise.
Je vous joindrai tout prochainement un petit reportage de nos découvertes de ce dimanche ensoleillé, certes un peu frisquet le matin.

A très bientôt.

Très bonne journée à tous.

CL


jeudi 3 septembre 2015

Dernière conférence du cycle Regards sur la cathédrale 2015.

Chers amis, bonjour !

Trente à cinquante personnes ont assisté à chacune de nos conférences dominicales proposées durant cet été et nous les remercions. C'est un réel encouragement à continuer d'organiser de telles animations.
Celle de dimanche dernier, menée par Marie-Jo, fut très intéressante également. 
Notre amie a su nous passionner et nous emmener à la rencontre de personnages gravés sur des pierres tombales finement ciselées.



 Là, un couple de bourgeois revêtus de ses plus beaux atours.


Ici un chanoine humblement agenouillé devant le saint patron de la cathédrale, Saint-Etienne,
qui porte sur la tête une pierre, symbole de son martyr.
Quelques gouttes de sang perlent sur sa joue droite.

.                    La tête reposant délicatement sur un coussin, Philippe de Thomassin,
qui fut seigneur de Braux et gouverneur de la ville,
repose en armure sur cette plaque noire.

Un autre chanoine tenant dans sa main droite un livre saint richement orné.
Les ferrures apparentes sur le manuscrit servaient à protéger la reliure lors de l'ouverture.
Certains visiteurs ont remarqué les oreilles quelque peu décollées de notre saint homme...


Verdun sera notre destination pour notre voyage automnal, le dimanche 11 octobre prochain.
Nous serons accompagnés par Monsieur Jean-Pol Evrard, chercheur à l'université de Lorraine.
Nous vous communiquerons bientôt les précisions sur le programme et les modalités d'inscription. Belle journée de découvertes en perspective.
Cochez cette date, dès à présent, sur votre agenda !

Bien amicalement.

CL

Photographies : Michèle Jacquet et Claude Lafauche.




mercredi 24 juin 2015

Notre belle sortie à Troyes

Bonjour chers amis,

Un très grand merci encore pour votre présence qui nous encourage sans cesse à vous proposer des moments encore plus délicieux de découvertes.

Je vous joins ci-dessous un petit album photos souvenirs :

Accueil à la Cité du Vitrail.






 Des auditeurs très attentifs.





De pures merveilles cisterciennes dites en grisailles
Créations contemporaines d'inspiration cistercienne


Un carreau de pavement vernissé de l'époque de Saint-Bernard.


Saint-Marcel : création d'un atelier parisien datée de 1935. Composition originale


Médaillon du 12 ème siècle similaire, dans son traitement, au vitrail de la Rédemption conservé dans le trésor de la cathédrale de Châlons-en-Champagne.



Belle initiative que cette Cité du Vitrail, voulue par le Conseil Général de l'Aube, qui permet d'approcher les techniques des maîtres-verriers médiévaux et contemporains dans un cadre lumineux.
Situé  dans l'enceinte de l'Hôtel-Dieu-le-Comte, daté du XVIIIème siècle, ce lieu culturel et pédagogique est installé dans une grange de la même époque.

Saint-Jean-au-Marché.

L'église est dédiée à Saint-Jean-Baptiste.
La nef et ses bas-côtés datent du XIIIème siècle et le choeur du XVIème siècle.
Située au sein d'un quartier marchand de la cité, elle s'inscrit totalement dans l'histoire des grandes foires de Champagne d'où son appellation " au Marché ".





C'est tout là-haut !

Pauvre Sainte Agathe. Belle verrière en grisaille datée du XVIème siècle.


Le jugement de Salomon. Epoque Renaissance.


Quelle grâce pour cette statue de la Renaissance ! Vers 1525.


Cette Visitation, attribuée à Nicolas Halins, est d'une grande sensibilité  avec les deux mains des femmes jointes posées l'une sur l'autre.
Elisabeth et Marie sont parées d'atours de la Renaissance très soignés.
Chef-d'oeuvre attribué au Maître de Chaource. Déploration sculptée vers 1515-1530.


Dans le Nouveau Testament la déploration est un épisode qui intervient entre la descente de la croix et la mise au tombeau. Pleurs et lamentation y sont représentés.
Le Christ allongé crée le lien entre les trois personnages, à savoir saint Jean, la Vierge-Marie et Marie-Madeleine. Saint Jean consolant Marie d'une apposition de sa main sur l'épaule droite de la mère de Jésus.
Remarquable composition de cet imagier renommé.


Un repos bien mérité.


Le retable du choeur de l'église date de la fin du XVIIème siècle. D'inspiration Italienne, il fut réalisé par Michel Noblet et embelli de deux tableaux du troyen Pierre Mignard, premier peintre du roi Louis XIV.
Colonnes en marbre noir et chapiteaux en marbre blanc.
Belle harmonie de cet ensemble composé dans le style antique.


Claveaux d'arcs et piliers de la nef un peu ébranlés mais tenant bon... Blancheur surprenante de la pierre.

Un grand merci à notre guide, Christiane Rolland, qui a su nous passionner pour ce bel édifice.

Pause déjeuner.

Bon appétit

Hôtel-Dieu-le-Comte.
Monsieur Arnaud Baudin, directeur-adjoint des archives et du patrimoine ( service du département de l'Aube ) et commissaire scientifique de l'exposition nous a accueillis et nous a présenté cette exposition évènement : Clairvaux. L'Aventure cistercienne.
Il a su, avec une grande érudition et une grande courtoisie, nous passionner pour ce délicieux moment passé dans ces salles emplies de trésors médiévaux.
C'est la première fois qu'une telle exposition de cette envergure est présentée autour de la vie monastique, politique, économique, artistique et intellectuelle de l'abbaye de Clairvaux du XIIème au XVIIIème siècle.
Plus de 150 oeuvres sont réunies du 5 juin au 15 novembre 2015.
Parmi ces joyaux à noter la Grande Bible de Clairvaux, manuscrit sur parchemin, datée de 1145-1150 et la Croix Reliquaire de la Vraie Croix créée vers 1210-1220.
La première crosse en argent doré ayant appartenu à Robert de Molesmes. ( 1028-1111 )
Histoire de crosses...



Sans borne... ( XVIIème siècle )


A noter que trois objets, conservés dans le trésor de la cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne, sont présentés dans cette exposition :

- la natte de saint Bernard sur laquelle il se reposait et serait mort en 1153. Il est d'usage chez les cisterciens de coucher sur une natte le frère qui va mourir.
 Ce fragment est composé de joncs tressés et repliés aux extrémités. Il porte deux cachets de cire dont un portant le monogramme du chanoine Leydier qui était secrétaire de l'évêché sous l'épiscopat de Mgr de Prilly, évêque de Châlons de 1824 à 1860.

- la sandale liturgique dite de saint Malachie.
  Contemporain de saint Bernard, ce saint irlandais meurt à Clairvaux le 2 novembre 1148.
  C'est un soulier fait de cuir rouge sur la tige. L'épaisse semelle est en cuir orangé. Couverte de rinceaux végétaux en fine peau dorée, cousue de fils de soie rouge, cette sandale peut être attribuée à Malachie car ce décor était fort employé à l'époque.

-  la mitre dite de saint Malachie
   Les dernières études et analyses sur cet ornement la dateraient plutôt du XIIIème ou XIVème siècle.
   Elle ne peut plus être attribuée à Malachie même si certains de ses éléments datent du XIIème siècle : les orfrois brodés et les fragments losangés par exemple.
( sources tirées du catalogue de l'exposition )


 Cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul.

Après un incendie, en 1188, qui détruisit l'ancienne cathédrale, la construction d'un nouvel édifice est décidée. Il sera érigé en plus de 400 ans. La guerre de Cent Ans ayant interrompu les travaux.
Les chapelles rayonnantes du chevet sont érigées en premier à partir de 1198 et la façade ouest ne sera achevée qu'en 1554 avec la base de la tour saint Pierre. Cette tour sera terminée en 1634.


Notre conférencière, Dominique Renaud, nous a présenté avec brio une partie des 1500 mètres carrés des riches verrières qui constituent cet écrin de lumière.



Vitraux du choeur du XIIIème siècle.


Vitraux de la nef du XVIème siècle.



Excellent exercice pour les cervicales.








                  Création début du XVIIe siècle







tabernacle










Mille mercis encore à nos intervenants.

A très bientôt lors de nos conférences d'été dans la cathédrale.
Dès que possible le programme vous sera transmis.

Avec nos plus amicales salutations.

Le CA  de votre association.

CL

Photographies : Michèle Jacquet  et  Claude Lafauche.





mardi 31 mars 2015

Saint-Vincent à la cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne ( suite )

Le dernier article sur Saint-Vincent était consacré à la courte vie de ce jeune diacre et surtout à son supplice face à son bourreau Dacien.
Je souhaite, dans cette suite, vous transmettre les différentes sources hagiographiques consacrées à notre saint.

La Légende dorée de Jacques de Voragine.

Jacques de Voragine, né a Varaggio en 1230, fut dominicain et archevêque de Gênes.
Dès son plus jeune âge, il est reconnu pieux et a beaucoup de goût pour les études chez les dominicains.
Archevêque en 1292, il emploie une grande partie de ses revenus au soulagement des pauvres et se prive bien souvent du strict nécessaire.
Il écrit cet ouvrage en latin (legenda aurea) entre 1261 et 1266. Initialement appelée legenda sanctorum, son contenu est très vite reconnu d'une grande valeur. Il est dit aussi précieux que de l'or.
Ce récit raconte la vie d'environ 150 saints et saintes et martyrs chrétiens. Une partie du texte est consacré également à l'explication des fêtes religieuses et à la vie du Christ.
Pour la rédaction de La Légende dorée Jacques de Voragine a puisé, entre autres, dans les oeuvres des pères de l'église tels que Grégoire de Tours et Saint Augustin dont la vie fut évoquée par Jean Fusier dans l'église Notre-Dame d'Epernay, Saint Jérôme etc...
Tous ces récits avaient pour vocation d'exalter la foi et le combat que mène Dieu contre les esprits du mal.
Instrument de travail précieux pour les prédicateurs pour la préparation de leurs sermons, la Légende dorée devient, avec la Bible et le psautier, l'oeuvre la plus lue, la plus copiée et la plus augmentée au cours des siècles suivant sa parution. Il existerait plusieurs centaines de versions, des plus simples au plus enluminées. La plus ancienne date de 1282 et est conservée à la bibliothèque de Munich.
La legenda aurea est le premier ouvrage imprimé en langue française, en 1476, à Lyon.


Le Peristophanon ou couronne des martyrs de Aurellius Clemens dit Prudence ( 348-410 ).

Prudence naît en 348 à Calahorra dans le nord de l'Espagne. Il appartient à une riche famille romaine et chrétienne qui lui donne une excellente éducation, notamment en droit. Sa carrière est rapide et il est nommé deux fois gouverneur d'une province pour terminer à la cour de Théodose 1er, en qualité de haut fonctionnaire.
Las des fastes de la cour et trouvant sa vie médiocre, il se retire de la vie publique et se consacre à la poésie qu'il mit au service de l'Eglise.
Il écrit de nombreux poèmes dont le Peristophanon ou Couronnes des Martyrs qui évoque, parmi d'autres, le martyr de Saint Vincent de Saragosse.
Il compose également Psychomachia (combat de l'âme et dans l'âme ) qui narre l'éternel affrontement entre les vices païens et les vertus chrétiennes. C'est un texte éminemment porteur au Moyen-Âge puisqu'il contient un message universel. Il est important dans l'histoire littéraire  puisqu'il s'agit du premier exemple en Occident de poésie allégorique.
Ce poème est d'ailleurs repris sur un pilier fasciculé du Cloître de Notre-Dame-en-Vaux. Les quatre vertus cardinales y sont représentées sous la forme de chevaliers et le vice imagé par un petit masque simiesque bientôt transpercé par l'épée de la vertu.

Je vous souhaite une bonne lecture.
Je vous transmettrai prochainement un troisième et dernier article sur notre ami Vincent.

A très bientôt chers amis.

Très cordialement.

CL


Photographies : Daniel Brossais

Notre voyage à Epernay

Chères amies et chers amis,


Par votre participation à notre déplacement à Epernay vous avez largement contribué au succès de cette belle journée de découvertes.
Nous vous remercions vivement et mille bravos d'avoir affrontés les éléments déchaînés de cette météo défavorable.

Toute notre reconnaissance à nos intervenants qui ont su nous faire mieux connaître, avec passion, ces monuments originaux. Certes moins connus mais très intéressants par leur conception, par les matériaux novateurs employés et par leurs commanditaires.



 
Nos intervenants : messieurs Ducouret Bernard, Fusier Jean, Leroy Francis et Wersinger Jacques.
Un merci supplémentaire à Jacques pour son accueil chaleureux.

 
photos de Jean Sanvoisin
A très bientôt pour une nouvelle escapade.
Très amicales salutations.

CL

NB : N'hésitez pas à nous communiquer vos observations ou suggestions en cliquant sur le petit crayon en fin de chaque article. Merci. 

mercredi 18 février 2015

Saint-Vincent à la cathédrale Saint-Etienne de Châlons-en-Champagne.



Saint-Vincent
Vincent est vénéré depuis la nuit des temps médiévaux, principalement en Bourgogne. Il est tout naturel que notre Champagne, renommé par son vin, ait adopté Vincent comme le saint protecteur des vignes et des viticulteurs de cette province.
 
Vincent, issu d'une famille noble et chrétienne de Saragosse, fut animé très tôt d'une grande piété. Confié par ses parents, très jeune, à l'évêque Valère, il siégeait déjà à 22 ans parmi les maîtres et devint diacre de son protecteur.
L'évêque Valère, souffrant d'un défaut d'élocution, lui confia la prédication et l'instruction des fidèles alors que lui se chargea de la prière et de la méditation.


Vincent et l'évêque Valère

Un diacre est, dans l'église primitive, un ministre institué par les apôtres pour les décharger des tâches matérielles au sein de la communauté. Par la suite, le diacre sera apte à annoncer l'Evangile, à baptiser, à assister le prêtre à l'autel et même à distribuer la communion.
L'un des sept premiers diacres sera Etienne.
Vous rencontrerez Vincent dans la sixième travée sud de la nef de la cathédrale, dans la belle verrière dite des saintes et des saints.
Il apparaît dans le registre inférieur, à gauche, vêtu d'une dalmatique bleue. Il tient la palme évoquant son martyre dans sa main droite et le Livre Saint dans la gauche.
Etienne, patron de la cathédrale, est représenté, à droite, dans le même registre, vêtu d'une dalmatique rouge. Il tient, lui aussi, la palme de martyre. Posée sur son crâne, une pierre est le symbole de ses tourments. Rappelons qu'il fut lapidé.


le diacre Vincent
 Durant les persécutions de l'empereur Dioclétien, au tout début du IVème siècle, plusieurs centaines de chrétiennes et de chrétiens périrent en Espagne.
Mû par sa haine et son aversion du christianisme, Dacien fut nommé proconsul des terres hispaniques.
Zélé et cruel, il ordonna de traîner Vincent et Valère à Valence, pour les mettre à l'épreuve et leur faire abjurer leur foi.
Enfermés dans une affreuse prison pendant très longtemps, ils en sortirent sains et joyeux. Les croyant morts de faim, Dacien rentra  dans une immense colère.
Il envoya en exil Valère et condamna, à divers tourments, Vincent  qu'il considérait comme un jeune homme arrogant et présomptueux, .
Etendu sur un chevalet, il eut les membres disloqués. Quant tout son corps fut brisé,
Dacien lui dit : " Réponds-moi, Vincent, de quel œil regardes tu ton misérable corps ? "
Et Vincent reprit en souriant : " C'est ce que j'ai toujours désiré " .
Alors, le proconsul furieux se mit à frapper ses hommes de main à grands coups de verges, les traitant d'incapables et fit traîner notre pauvre Vincent sur un brasier ardent.
Il y monta lui-même pour y être rôti et brulé. On lui enfonça des ongles de fer à travers son corps, déjà bien meurtri par les flammes.
Malgré ses souffrances notre Vincent resta immobile, les yeux tournés vers les cieux, priant le Seigneur.
Dacien, entêté, le fit coucher sur un lit de tessons très aigus. Et, tout aussitôt, les ténèbres du cachot se dissipèrent dans une immense lumière.
Les tessons se transformèrent en fleurs exhalant un parfum suave. Les entraves de Vincent se délièrent et, il eut l'immense bonheur d'être consolé par les anges.
Prenant un peu de repos sur un lit plus moelleux, il décida de fermer définitivement les yeux et rendit aussitôt l'esprit.
Vincent couché sur un lit de tessons
Son tourmenteur, plus entêté que jamais, abandonna son corps dans un champ, afin de l'offrir en pâture aux oiseaux et aux bêtes. Mais, un immense corbeau vint le défendre de la voracité d'autres créatures, dont celle d'un loup.
 
 Le corps de Vincent défendu par un grand oiseau
Quand il l'apprit, Dacien dit à ses proches : " Je pense que je n'aurai pas le dessus sur lui, même après sa mort. "
Il fit lester le corps de Vincent d'une immense meule et des matelots le jetèrent à la mer.
Dacien espérait qu'il fût, au moins, la proie des monstres marins.
Que nenni, la dépouille revint sur le rivage et fut ensevelie honorablement par quelques bonnes dames.

Une relique de saint Vincent, peut-être une étole, aurait été rapportée d'Espagne par le roi Childéric 1er, quatrième fils de Clovis. A son retour, il fit édifier une église aux portes de Paris, ainsi, à proximité, qu'une abbaye dédiée à saint Vincent.
Cette abbaye prendra le nom de l'évêque qui l'administra, Germain, et deviendra l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

La cathédrale Saint-Etienne possèderait un morceau du cubitus gauche de Vincent.

Prochainement je vous proposerai la suite de ce petit article sur saint Vincent dignement fêté le 22 janvier dans notre province.

A très bientôt.
Avec mes très cordiales salutations.

CL

Photographies : Daniel Brossais
Les médaillons sur la passion de saint Vincent sont visibles sur la lancette en bas à gauche du bras-sud du transept de la cathédrale.